Relation et communication
Ce chapitre - étant très long et important - bénéficie d'un index !
A. Les relations humaines : un besoin vital
I. Positions relationnelles et comportements
II. Unité et cohérence : le principe de congruence
B. Communiquer... oui mais comment ?
I. Les langages de transmission
1. Le verbe
2. Le langage du corps
3. L'infraverbal
II. Transmission et feedback et résistances
C. L'écoute
D. Construire une relation vivante !
I. Retrouver sa cohérence
II. Retrouver le sens d'une vraie relation humaine

A.Les relations humaines, un besoin vital !
Communiquer, être en relation, partager !
Rien au monde ne semble plus important, plus essentiel à l'existence...
C'est l'une des aspirations les plus vitales, les plus profondes que d'avoir le sentiment d'être relié à un ensemble plus vaste, d'être reconnu, identifié, d'appartenir à un groupement, à une communauté de langue...
Personne ne peut faire l'impasse d'être en relation ou d'être entendu !
L'homme est un ensemble de virtualités qui se développent et se structurent dans la relation. Le système sensoriel doit être sollicité.
Le repérage de soi se fait par le moyen de l'autre : le nous existe avant le je.
Le regard d'amour de la mère sur l'enfant permet à ce dernier de se voir lui-même.
Toute relation peut être symbolisée par une écharpe qui comporte deux extrémités, celle que je tiens et celle que tient l'autre.
Cette écharpe me relie
- sans m'étrangler
Je suis responsable de mon bout et seulement de mon bout.
1. Positions relationnelles et comportements
- Toute notre vie, nous cherchons l'équivalent symbolique dans nos relations, de quatre éléments que nous perdrons à notre naissance :
- le cordon ombilical, ou le rattachement à une personne significative pour nous,
- le liquide amniotique, qui symbolise l'aspect créatif, inventif de la relation,
- la membrane, qui est la protection de la re-con-naissance, l'un des besoins les plus fondamentaux.
- Quatre positions relationnelles essentielles président à toute tentative de communication :
- la fermeture de l'échange qui m'est proposé
- la passivité ou
- le dynamisme pour accompagner l'autre dans sa parole.
- Deux besoins fondamentaux vont interférer dans toutes les relations sociales :
- le besoin d'approbation.
Ces besoins rentrent en compétition dans bon nombre de situations de travail.
Combien de tâtonnements, de malentendus, de souffrances (souffre-errances) pour découvrir que communiquer, c'est...
« mettre en commun nos différences et nos ressemblances
dans le recherche de la satisfaction du besoin
d'être reconnu et celui d'être entendu par l'autre. »
Jacques SALOMÉ- Quatre possibilités s'entremêlent dans une relation vivante :
sans accusation, reproche, culpabilité ou plainte...
2. oser donner
sans imposer mais en offrant ce qui peut être reçu...
3. oser recevoir
dans un accueil sans a priori...
4. oser refuser
dire non pour apprendre à dire de vrais oui !
Demander
La demande - pour se frayer un chemin praticable, sera une proposition (relevant de l'invitation) la plus concrète possible : celui qui la reçoit est alors mis en situation d'accepter ou de refuser.
Donner
Trop souvent, nous donnons ce que nous aimerions recevoir, faisant à l'autre ce que nous voudrions qu'il nous fasse... ou qui nous l'attachera !
Il nous faut beaucoup de lucidité pour débusquer sous nos bonnes intentions, ce qui dans nos dons, relève de la demande ou de la redevance... Suggérer plutôt que d'imposer !
Recevoir
Notre éducation a fait de nous des infirmes du « recevoir » !
- accueillir des gratifications, des refus ou des remises en cause, des propositions inattendues ou des idées nouvelles, des marques d'intérêt ou des objets,
- recevoir sans contrainte...
Refuser
- celui des sentiments que les messages et conduites sont censés provoquer en moi,
- et celui que je m'impose par anticipation des conséquences.
Plus il m'est douloureux de recevoir un refus, plus il me sera difficile d'opposer un refus à une proposition qui m'est faite.
En disant « Non ! », je me définis comme responsable : c'est m'affirmer !
Communiquer...
un espace de possible entre
l'irrésistible besoin de la rencontre et
l'inéluctable évidence de la séparation !
2. Unité et cohérence : le principe de congruence
Cela indique une correspondance exacte entre l'expérience et la prise de conscience de cette expérience.
- de la conscience et
- de la communication.
- C'est l'exemple du nouveau-né qui a faim et qui pleure :
- sa conscience qu'il en a, le malaise qu'il ressent,
- et la communication de ce qu'il vit, ses pleurs pour avertir son entourage,
sont en congruence, c'est-à-dire en unité, en transparence.
- Un homme se laisse emporter par la colère dans une discussion de groupe ; quelqu'un lui en fait la remarque.
Il est à noter que le degré de congruence ne peut être évalué par le sujet lui-même sur le moment, mais il a la capacité de la reconnaître ensuite.
La convergence de plus en plus grande,
- de la conscience et
- de la communication d'un individu,
la communication réciproque sera plus congruente
la compréhension mutuelle de la communication plus exacte
l'ajustement mutuel psychologique accru.

B. Communiquer... oui mais comment ?
La circulation de l'information n'est pas la communication !
C'est même souvent la négation de la communication : on fait mine de croire qu'il suffit de dire n'importe quoi, n'importe comment, n'importe quand, pour avoir communiqué !
S'exprimer est moins que transmettre, qui est moins que communiquer !
Transmettre n'est pas communiquer mais nécessite de s'exprimer !
Une communication peut être, dans une première approche très approximative, considérée comme une transmission bilatérale.
I. Les langages de transmission
tant le langage infiltre toute situation humaine. »
Boris CYRULNIK
1.Le verbe
- Nous pouvons adopter trois attitudes dans nos conversations :
1. accueillir
2. rejeter
3. relier et amplifier
- Quatre démarches sont présentes dans toute communication :
1. dire
- de mon ressenti,
- de mes expériences,
- de mes désirs.
- Ou bien ce sera au niveau des sensations et des sentiments ; il y a en général beaucoup de frustrations relationnelles dans ce domaine, car la zone des réactions affectives est toujours sensible et propre à chacun.
- Il y a aussi le niveau de la pensée et des idées.
- au niveau du retentissement, je perçois un écho de mon vécu.
- enfin, celui de l'imaginaire a besoin spécifique : l'exigence d'être entendu !
2. Ne pas dire
- C'est choisir - et non être contraint de choisir - les limites pour éviter une certaine pollution relationnelle ou respecter l'autre qui n'est pas en état d'entendre,
- C'est une autorégulation de la communication qui permet à chacun de sauvegarder des zones d'intimité.
3. Écouter
C'est accueillir le contenu de la parole de l'autre - sans porter de jugement - en tentant de comprendre et d'entrer dans le système de défense de l'autre...
C'est lui permettre de se dire et de s'entendre lui-même dans l'écho que je lui redonne.
4. Entendre
2. Le langage du corps
Notre corps est le médiateur de toute relation à autrui ! En effet, nous communiquons toujours et à travers une certaine façade.
L'apparaître corporel est un véritable langage que nous comprenons immédiatement.
Notre corps est l'expression de notre vie psychique pour les autres : c'est l'aspect de notre vie psychique et vulnérable.
Nous savons bien combien une certaine apparence peut bloquer la communication ou au contraire la faciliter : le temps d'une seconde, et déjà l'autre nous parait sympathique ou au contraire antipathique...
Notre corps est le lieu du déchiffrement social et individuel.
Premier élément de la relation, notre corps, par ses attitudes et ses gestes, nous définit pour autrui.
Mais il y a une différence entre la perception de notre corps par autrui et la nôtre, car bien souvent, nous sommes un miroir déformant pour nous-même. Ce décalage fait alors écran à la communication.
Une communication vraie nécessite que l'on oublie son corps
pour être en prise sur le monde,
tout en l'utilisant pour confirmer notre parole !
Le langage courant est émaillé d'expressions, propres à nous rappeler ce langage du corps :
- - le visage : crispé, figé, lointain, en colère, joyeux...
- la bouche : dédaigneuse...
- les lèvres : pincées, cruelles...
- - les mains : ouvertes, paisibles, tendues, croisées, dures, sèches, glaciales, tordues...
- - les gestes : brusques, hostiles, de dénégation, repoussants, obscènes, gracieux, doux...
- Les réactions physiologiques : rougeur, pâleur, pleurs, sueurs, tremblements, agitation, battements de cœur, syncope, malaises, nausées...
3. L'infraverbal
Beaucoup de blocages et de non-écoute vont se créer à partir de ces signaux, qui seront pour la plupart non-intentionnels.
Communiquer avec plénitude semble être une des quêtes des plus anciennes et des plus utopiques chez l'homme - dans le sens où chacun veut être entendu là où il est, et reçu dans cette dimension unique qui est la sienne. Faire partager à l'autre justement ce qu'il y a d'original et d'exceptionnel, d'unique en nous !
Nous voulons faire passer nos messages avec toute la richesse
de nos croyances,
de notre vécu,
de nos anticipations,
- l'indigence de notre vocabulaire, de nos moyens sonores et visuels,
Combien de sourires, de gestes inachevés, de regards perdus, de mouvements du corps vont être ainsi, détournés, limités, oubliés... dans une rencontre ou un échange possible...
Tous les signaux et leur décodage vont être liés à la dynamique de la situation et aussi à notre propre histoire.
Nous prenons rarement conscience que l'ensemble de nos besoins existenciels est présent dans toute tentative de communication :
- besoin de reconnaissance,
- besoin d'affirmation,
- besoin d'espérance,
- besoin d'existence.
Ce sont ces besoins que disent les signes infra-verbaux et ils vont s'imposer, voire dominer le registre verbal !
À la violence d'un discours sourd et aveugle, va répondre parfois la violence d'une attente non-dite, mais exprimée à profusion dans les registres infra-verbaux.
II. Transmission et feedback et résistances
Cette transmission court le risque d'être polluée, parasitée, déformée voire coupée : il y a déperdition !
Pour améliorer la transmission, il faut se préocccuper
- du quoi et
- du comment,
- de ce qui est dit - le contenu - et
- de la manière dont cela est dit (regroupement des paramètres du corps, voix, gestuelle, regard, mimique...) : ce sont les fonctions de la communication.
- la fonction expressive qui va être centrée sur l'émetteur du message et lui permet de
ses réactions et
ses jugements de valeur.
le débit
le rythme
les gestes
la mimique
La deuxième personne du singulier ou du pluriel sera utilisé, comme l'impératif ou des questions directes.
- la fonction référentielle renvoie le destinataire du message au référent. Elle est centré sur le référent et correspond aux informations objectives transmises. L'indice de reconnaissance de cette fonction se voit à l'emploi de la troisième personne il (s), elle(s) et du pronom neutre ça, cela.
- la fonction phatique permet l'établissement du contact physique et perceptif du destinataire.
À l'écrit, on utilise diverse techniques mise en page et mise en forme.
- la fonction poétique est centrée sur le message lui-même et permet d'en faire l'objet de plaisir esthétique.

Dans chaque transmission, entre la source « Émetteur » et le puits « Récepteur » il y a toujours déperdition du message, bruits et parasitages dans le cadre du relais.

1. les obstacles techniques à la communication sont liés à :
- l'impossibilité (affaire longue nécessitant un long échange de courrier)
- la mauvaise qualité du feed-back (décalage dans le temps ou bruit dans le canal de transmission)
- d'une distorsion systématique de l'émetteur devant les questions du récepteur
- évaluer
- à approuver ou à désapprouver
Plus les sentiments sont forts, plus il est probable qu'il n' y aura pas d'échanges réels dans la communication : il y aura deux idées, sentiments ou jugements qui ne se joindront pas dans le champ psychologique.
Une réelle communication s'établit et la tendance à juger est évitée lorsque nous avons une écoute de compréhension, c'est-à-dire :
- sentir comme elles agissent sur sa sensibilité,
- assimiler son cadre de référence à l'égard de la chose dont il parle...

Cette procédure peut être appliquée par l'une des parties
sans attendre que l'autre soit prête.
Elle peut faire face à tous les manques de sincérité défensifs,
caractéristiques de l'échec dans la communication et
conduit régulièrement et rapidement
à la découverte réaliste des obstacles à la communication !
La communication réciproque tend à résoudre les problèmes plutôt qu'à attaquer une personne ou un groupe : le problème apparait à l'un de la même façon qu'il apparaît à l'autre.
Il sera donc abordé intelligemment pour être résolu, ou bien s'il est insoluble, il sera accepté comme tel !


C. L'écoute
I. S'écouter soi-même
Il ne peut y avoir de vraie écoute de l'autre sans auto-écoute.
L'auto-écoute est une certaine manière d'être, un savoir-être, c'est-à-dire une implication personnelle avec toute notre intelligence, notre perception, notre sensibilité...
C'est faire la rencontre avec nous-même !
C'est être davantage soi-même pour ne pas s'induire à être autre chose...
Toute démarche de changement pour améliorer ma communication à autrui va introduire une interrogation sur ma relation à moi-même.
Dans ce questionnement, la première étape, jamais terminée, consistera à reconnaître ce que j'éprouve, ce que je ressens au moment où je le vis !
Plaisir, déplaisir, tristesse ou joie, colère, bonheur, amour ou désespoir ?
Mes émotions se mélangent et s'entremêlent pour dérouter mes perceptions, d'autant que j'ai appris, comme tout le monde, à cacher et censurer mes sentiments...
Être au plus près possible de mes sentiments réels, être à l'écoute des émotions qui circulent en moi, cela va me demander beaucoup d'attention et de vigilance.
Mais reconnaître mes sentiments réels, c'est retrouver un état de congruence qui va me confirmer ma fiabilité.
C'est aussi me donner les moyens d'être plus cohérent dans mes conduites vis-à-vis d'autrui.

II. L'écoute de l'autre
- de comprendre et
- de répondre
Lorsque le temps de la relation est là, alors vient la découverte de l'urgence d'apprendre à écouter :
- ceux de l'angoisse,
- du chagrin,
- de la déception,
- des reproches injustifiés parfois...
Le soignant écoute toujours avec sa propre histoire... c'est pourquoi, parfois, il n'entend pas.
Il rencontre aussi une difficulté psychologique à cause de sa propre subjectivité : il doit comprendre la personne âgée dans sa situation à elle et se méfier de toute projection.
Il doit garder la bonne distance psychologique pour éviter une identification fusionnelle ; l'équipe, (ou le reste de la famille) autour de lui joue alors un rôle régulateur important.
L'écoute est et reste une ouverture par rapport à l'autre : c'est résonner et non pas raisonner !
Tout difficile qu'il soit,
l'apprentissage de l'écoute est un axe majeur de
la formation professionnelle ou bénévole.

III. La relation soignant-soigné
La relation est inter-subjective, c'est-à-dire qui fait intervenir deux personnalités : la relation n'est pas une communion, encore moins une fusion !
Toute relation suppose que le soignant reconnaisse son partenaire - le sujet âgé - comme différent, ayant des idées et des sentiments personnels, mais non radicalement étranger.
c'est un autre lui-même, mais pas un reflet de lui-même !
J. GUILLAUMIN
La relation est un échange, une réciprocité sur la base de la reconnaissance de l'autre comme Personne humaine.
Les conditions pour que la relation ait une valeur soignante passent par :
- l'ouverture à l'autre
- mais aussi le ressenti - le latent,
- la reconnaissance des difficultés de l'écoute,
- l'observation du cadre et la perception globale de l'autre : langage verbal, non verbal, atmosphère, attention à soi...
- la compréhension de la dynamique de la relation, qui doit évoluer dans le sens de la progression de la relation, au bénéfice de la personne, dans une attitude fondamentale d'aide.

D. Construire une relation vivante !
I. Redonner du sens à ce qui est vécu
Pr. PLOTON
Il ne faut pas oublier de prendre en compte cette difficulté à penser quand on est en situation de soin, parce que la situation du soin en gériatrie recèle cette constance, qui est l'évacuation du sens, source de la souffrance la plus grande.
Avoir une logique, c'est permettre de défendre sa capacité de penser et pour cela, il faut disposer des théories.
Jusqu'à preuve du contraire, la science procède comme cela :
- disposer de théories pour parvenir à des explications afin d'avoir le fil conducteur qui permette de prendre des décisions
- autrement que sur le mode arbitraire,
- autrement que sur le mode de la fantaisie,
- disposer de théories pour faire des choix, au terme d'un raisonnement, ce qui permet de redevenir un professionnel, considéré comme tel par soi-même et par ses interlocuteurs.
Le professionnel est quelqu'un qui ne fait pas ses choix au petit bonheur.
Il est sensé avoir la capacité de résoudre les difficultés, en fonction d'éléments théoriques ou en tous cas d'éléments rationnels, pour pouvoir prendre en compte même l'irrationnel.

II. Retrouver le sens d'une vraie relation humaine
La vieillesse n'est pas une maladie !
Cela est normal et propre à l'Être humain.
Quelqu'un de très âgé est quelqu'un qui a vécu, certes, mais aussi, survécu à de nombreuses pertes et deuils et cela signe ses ressources ; il a été capable de surmonter toutes ses pertes.
Ainsi, il n'est pas possible de faire l'impasse de l'histoire du parcours de vie d'un patient très âgé !
La spécificité du soin aux personnes âgées réside dans le constat de la non-possibilité de guérison. Cependant le soin aux personnes âgées ne se situe pas non plus dans le soin palliatif.
Si le soin à la personne âgée ne peut pas être uniquement curatif,
s'il n'est pas uniquement palliatif,
où se situe-t-il ?
Il est un soin d'attention,
c'est-à-dire que le soignant est attentif à tout ce qui se passe.
C'est un soin de vie, avec tout ce qui constitue la vie chez le soignant et le soigné !
Les gens âgés ne font pas l'impasse sur leur mort. Ils ont cette connaissance de leur mort qui s'inscrit dans un futur proche et les soignants, eux, ne peuvent ni ne doivent l'ignorer.
Le personnel soignant a un effort à faire pour se situer et s'adapter au (dans) le temps des personnes âgées, car les gens très âgés vivent dans un temps différent du leur.
Le projet de vie s'inscrit différemment et le soignant a de la difficulté à vivre le temps présent (par exemple, la toilette est un temps unique, ici et maintenant...)
Le soignant doit faire un effort d'adaptation et être là où la personne se trouve.
La spécificité des soins aux personnes âgées nous contraint, nous fait sortir de schémas de soins de réparations et de sauvetage !
Il faut être et rester conscient de cela pour éviter l'usure des soignants, le burn out.
Tout soignant, parce qu'il a choisi d'être soignant, veut soigner, et soigner bien ! Mais dans la réalité de tous les jours, le comportement des soignants pose question :
- agressivité,
- violence verbale,
- surdité aux demandes non verbalisées,
- fuite...
Pourquoi ?
Nous sommes en échec parce que nous sommes dans un cercle vicieux : nous avons des actions inadaptées qui sont agressantes pour nous et inductives de comportements en retour.
La toute-puissance du soignant est prise en défaut : les gens âgés ont des pertes énormes et ils vivent, tandis que nous, nous essayons d'empêcher cette dégradation...
Nous perdons nos schémas sécurisants et nous sommes renvoyés à nos propres peurs.
Le premier travail à faire est sur nous et sur l'ensemble de l'équipe.
Il faut travailler sur la perte de l'idéal soignant avec l'équipe, et la mise en place de la démarche de soin sert à cela : les équipes transportent des monceaux de culpabilité, qu'il leur faut éliminer pour devenir efficients et efficaces dans le travail.
Il faudrait pouvoir autoriser les équipes à dire que cela est trop difficile ! La notion de relai est à retrouver, car cela ne va pas de soi de soigner une personne âgée.
Dans la démarche de soin, il y a une obligation de consensus de l'équipe : partenariat obligatoire d'abord avec les vieux, puis les familles, les personnels, les intervenants extérieurs... C'est la pluridisciplinarité obligatoire !
La négociation doit être associée au partenariat :
il est impossible de soigner un « vieux »
sans que lui ait dit ce qu'il en pense,
sinon il y a agression !
La démarche de soin est une offre de soin : il n'est pas possible, d'un point de vue éthique, de soigner quelqu'un qui ne le demande pas, ou alors soignons-nous nos propres demandes ??
Les soins aux très âgés doivent être excellents, très pointus, parce que les vieux n'ont pas droit à l'erreur...
Mais n'oublions pas que c'est ce que nous engageons de nous qui va leur permettre de vivre,et non ce que nous savons sur eux !
La démarche de soins est un outil légal qui réintroduit la personne au centre, donc un outil de qualité de vie ! C'est un processus dynamique, logique et continu.
C'est une méthode de travail visant à promouvoir :
- une prise en charge totale, ou mieux offre de soins
- l'adéquation la plus juste entre les demandes, les aspirations, les désirs, les besoins du client et nos offres de soins
- la personnalisation des soins
- une continuité dans les soins donnés, c'est-à-dire une prise en compte permanente, par tous les intervenants appelés à s'occuper d'un même client, de tous les éléments intervenants dans son bien-être
- une autre manière de communiquer entre soignant et client
Elle permet d'éviter des pertes d'énergie dues à des méthodes de mise en œuvre contradictoires et permet la recherche du pourquoi de certaines situations.
Mais elle présente le risque d'être enfermante, s'il l'on perd de vue la référence à la conception du soin, telle qu'elle a été définie plus haut.
La démarche de soin (ou processus de soin pour les anglo-saxons) s'apparente à la démarche de résolution de problèmes. C'est un processus dynamique, car il nous oblige à réfléchir avant d'agir !

La vieillesse n'est pas une maladie
(au sens pathologique du terme) et
la Vieillesse est toujours capable
de gérer son quotidien selon son choix !

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